Un paysan-vagabond chevronné !

Né au Mans en 1987, Antoine Cottereau voit le jour au sein d’une famille en grande partie issue de l’Éducation nationale, aisée et attentive en particulier à sa réussite scolaire. Taillé pour l’école, il prend rapidement la décision de ne jamais la quitter et se découvre, encouragé par ses parents, une vocation d’instituteur.
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Hélas, dès l’adolescence et les premières sorties hors du cocon, Antoine Cottereau prend conscience que s’il s’en sort toujours aussi bien au plan scolaire, il fait preuve d’un certain autisme pour le reste, en particulier sur le plan sentimental. Il se sent trahi et désigne pour coupable cette école qui n’éduque que les cerveaux, au détriment des cœurs et des corps. Il se tourne bientôt vers les pédagogies alternatives, de Montessori à Rousseau. Les mots de ce dernier résonnent en lui et l’amènent à se passionner pour les théories de la décroissance, les idéaux libertaires et les peuples premiers. Si bien qu’à 21 ans, lorsqu’il décroche la licence de mathématiques qui lui ouvre les portes du concours de professeur des écoles, il n’a plus qu’une idée en tête : partir expérimenter l’idéal de société respectueuse de la nature et des hommes qu’il s’est construit par le truchement des livres et des médias.

Antoine Cottereau fait son balluchon, l’attache au porte-bagages de son vélo et met le cap au sud en quête d’écoles alternatives et de communautés néorurales. Si elles tiennent leurs promesses, il n’y croise que des gens qui lui ressemblent trop. Il se nourrit bien plus des rencontres de fortune, qui le déstabilisent et le remettent en question. Un vagabond est né, affamé d’aventure, d’inconnu et d’imprévu. Lorsqu’il traverse Gibraltar, le jeune voyageur est persuadé que l’Afrique lui en apportera plus qu’il n’en faut. Hélas, elle se révèle aussi hermétique que fascinante. Du Maroc au Sénégal, on ne lui propose qu’un rôle : touriste, spectateur de passage, consommateur d’exotisme sous toutes ses formes. Jusqu’au jour où il décide de mettre un terme à sa boulimie de kilomètres pour quitter le bitume et s’installer dans un hameau de Casamance. Là, il découvre enfin cette vie simple qu’il a cherchée partout : une vie de paysan, faite de rudes travaux et de repos mérités, de partage et d’humilité. Un idéal qui ne le quittera plus. Pourtant, trois mois plus tard, il lui faut bien admettre que son ancienne vie lui manque cruellement. Il rentre en France et, cherchant un compromis entre ses origines et ses aspirations paysannes, se forme à la fabrication de pain au levain et au four à bois auprès d’un paysan-boulanger.

Mais le monde agricole français contemporain est plus proche de l’industrie que de la paysannerie. Et le manque de liberté et d’insouciance des vagabonds se fait très vite sentir. Antoine Cottereau choisit de reprendre la route du Sud, en stop, de village en village, pendant huit mois, jusqu’aux forêts camerounaises où il partage quelque temps la vie des Pygmées baka. Rassasié, il rentre à nouveau, s’installe dans un squat toulousain doté d’un four à pain où il organise des fournées de quartier, fournit deux AMAP et écrit sur son expérience pygmée. Mais la ville l’épuise et, de nouveau, au bout d’un an, les symptômes du manque de vadrouille se font sentir. Cette fois, c’est vers l’est que le voyageur se met en quête de villages isolés. Un périple d’un an, toujours en stop, qui va l’amener à partager successivement la vie des bergers roumains, kurdes et iraniens, des paysans indiens, vietnamiens et laotiens, jusqu’aux chasseurs-cueilleurs des jungles de Papouasie.

Depuis son retour en 2011 dans l’Hexagone, Antoine Cottereau a été fermier en Ariège, berger-fromager en vallée d’Ossau et paysan-boulanger dans la Sarthe et dans la Drôme. Il se déplace toujours en stop pour provoquer le hasard des rencontres. Entre ses multiples séjours ruraux, il écume les festivals de voyage, les écoles, les cafés culturels et événements liés au monde agricole. Il y partage sa fascination pour les paysans autonomes du monde entier, à grand renfort d’images et de récits tirés de ses carnets de déroute.

6 Réponses

  1. Tisné Noëlle

    Je viens de lire dans le livre « Chemins parallèles » de Reza, son fils et sa femme (p. 86) un commentaire fait par Ghazi, un peintre du Turkestan oriental, au cours de leur voyage sur la route de la soie : « Les paysans sont les hommes les plus libres. Ils sont peut-être pauvres et ils font le même métier toute leur vie, mais ils n’ont pas les problèmes que connaissent les sociétés occidentales d’aujourd’hui. Le paysan, il travaille, et quand il a fini, il se repose, il pense, il rêve ». Voilà, ça m’a fait penser à toi, à tes réflexiosn et tes constats faits au cours de tes voyages. Je pensais que ça pouvait t’intéresser de le lire. Merci encore pour tes fraîches lumières.

    8 mars 2013 à 1:10

  2. Tidiane

    Je suis en admiration car tu poursuis tes rêves et cela n’est pas donné à tout le monde. Au lieu de suivre les sentiers battus, tu t’es frayé ton propre chemin. Au plaisir de te croiser un jour Antoine.

    Bonne route!

    5 avril 2013 à 10:49

  3. Nathalie

    Je suis en admiration devant ton parcours Impatiente de te rencontrer en Septembre à Luz St Sauveur Amitiés

    26 avril 2013 à 1:46

  4. Joe le rêveur

    je t’ai croisé par hasard sans savoir d’aucune façon que tu y serais présent au festival globe trotter, je n’ai pas vraiment pu te parler
    mais ton discours et ta démonstration de la pratique de la vie m’ont inspiré au plus haut point. Si avant j’avais un doûte hé bien maintenant j’en suis persuadé, mon futur est sur la route, mes buts se dessineront en marchant vers l’avant…oui vers l’avant…
    bonne aventure à tous!

    8 octobre 2013 à 3:09

  5. Anid Dominique

    Salut Antoine ! J’espère que tu vas bien et que tu as du chocolat pour Pâques 😉

    18 avril 2014 à 11:15

  6. Marue

    merci Antoine pour cette soirée magique à l’Epicerie sur le Zinc, Ne change pas et continue ta route amitiés Marie

    8 décembre 2014 à 8:11

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